Le lundi 1er février 2010, par
Le projet de centrale à gaz, tel que porté par GDF, apparaît aujourd’hui enterré. Mais la construction d’une unité de production électrique, à base d’énergie fossile, près de Saint-Brieuc, est plus que jamais d’actualité.
Il y a presque un an jour pour jour (le 12 janvier 2009), le ministère de l’Écologie annonçait que le projet de centrale à gaz de GDF « ne se ferait pas en l’état » , car contraire aux objectifs du Grenelle de l’environnement. Douze mois plus tard, aucune décision n’a été prise et le projet n’a pas, officiellement, été abandonné. Mais les réunions et rapports se multiplient. Et un arbitrage définitif devrait être pris par Jean-Louis Borloo quelques semaines après les élections régionales.
Car la construction d’une unité de production est plus que jamais d’actualité. Situation alarmante selon le ministère Garant notamment du bon fonctionnement du réseau de transport d’électricité en France, RTE a, maintes fois, communiqué sur le sujet : la Bretagne ne produit que 7% de l’énergie qu’elle consomme, la consommation électrique augmente régulièrement et les risques de coupures en période de pointe (lorsqu’il fait froid) sont réels en Bretagne Nord, en raison de la fragilité du réseau (une seule ligne à 400.000 volts). Dans un rapport au parlement datant de l’été 2008, le ministère de l’Écologie parle même d’une situation « alarmante, nécessitant des mesures d’urgences » , tout en jugeant que « la mise en service d’un moyen de production dans la région de Saint-Brieuc » apparaît comme « la seule solution permettant de faire face » à cette situation.
Il y a un an, le projet de centrale porté par GDF-Suez a été quasiment enterré. Aujourd’hui, même si aucune décision officielle n’est venue confirmer cette tendance, l’entreprise elle-même estime que sa centrale n’est plus vraiment intéressante d’un point de vue économique. Pour autant, la construction d’une unité de production faisant appel aux énergies fossiles est loin d’être abandonnée. Ainsi, dans son rapport transmis il y a quelques semaines au ministère, la conférence territoriale de Bretagne (B15) estime possible, « si nécessaire » , cette hypothèse. Étant entendu qu’un tel choix devrait être couplé avec un programme de maîtrise de l’énergie et le développement des énergies renouvelables.
Membre du B15, Saint-Brieuc agglomération réaffirme pourtant, au même titre que les associations de défense de l’environnement locales, son opposition à un quelconque équipement d’appoint. « Nous venons de passer un hiver très froid sans coupure » , indique Michel Lesage. « Et nous y arriverons de mieux en mieux dans le futur, grâce notamment au dispositif Ecowatt. Notre position n’a pas varié : la construction d’une unité de production complémentaire, qui plus est coûteuse, n’est pas indispensable. Nous resterons donc vigilants sur la décision que prendra le ministre » .
Le Télégramme de Brest > Jeudi 28 Janvier 2010 > LOCALE
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